L’exploitation de la main d’oeuvre française.

Le travail imposé aux prisonniers de guerre est indissociable de la politique générale de recours à la main d’oeuvre étrangère que le IIIème Reich engagea pour remplacer dans les mines, usines et exploitations agricoles, les Allemands appelés à combattre d’une part et pour assurer puis intensifier « l’effort de guerre » de l’industrie allemande d’autre part. Cette politique menée par le régime nazi, avec toutes les dérives entraînées par son idéologie, a notamment été appliquée dans l’industrie. Fritz Sauckel a été condamné à mort et exécuté, à l’issue du procès de Nuremberg, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Pour les mêmes crimes, Albert Speer a été condamné, le 1er octobre 1946, à 20 ans de réclusion  qu’il purgea. Le même tribunal considéra que Gustav Krupp von Bohlen und Halbach, inculpé des mêmes crimes mais aussi de « complot » et de « crimes contre la paix », était « médicalement inapte à être jugé ».

Emile Weppe (avec le béret) pendant sa captivité

Sur les lieux de travail, les prisonniers de guerre français, sous les ordres d’un « Meister », étaient mêlés avec d’autres catégories de travailleurs forcés ou de « travailleurs libres ». Ainsi, la carte postale envoyé par Emile Weppe, le montre en compagnie d’un autre prisonnier de guerre français, assis sur la balustrade du perron et reconnaissable aux initiales KG peintes sur les côtés extérieurs de son pantalon, d’un « Ostarbeiter » (de Pologne probablement), identifié par les lettres OST également peintes sur son pantalon et d’un quatrième personnage accoudé à la rambarde qui pourrait être un autre prisonnier de guerre français ou, plus probablement, un ouvrier allemand déplacé (pas de signe distinctif).

L’étude de Françoise Berger (Institut Pierre Renouvin Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne 1, rue Victor Cousin 75005 Paris), « L’exploitation de la main d’oeuvre française », publiée dans le numéro 50-3 de mars 2003 de la Revue d’histoire moderne et contemporaine, apporte un éclairage édifiant sur le rôle des « employeurs » des prisonniers de guerre français dans l’industrie sidérurgique allemande pendant la seconde guerre mondiale. L’exploitation de la main-d’oeuvre française (PDF)

La guerre est faite par des gens qui ne se connaissent pas et qui se tuent,

au profit de gens qui eux, se connaissent et ne se font jamais de mal.
[Paul Valéry]

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