Stalag VI A – Site de Hemer – Chapitre 6 – Le traitement des prisonniers de guerre soviétiques – 2/3

Remerciements : Ce texte en français, est la traduction par Philippe-Henri Van der Laan (traducteur professionnel en retraite), relue par Pascal Margenseau (professeur d’allemand) du texte allemand intégral du site dédié au stalag VI A de Hemer http://www.stalag-via.de/ (auteurs : Hermann-Josef Geismann, Peter Klagges, Emil Nensel, Hans-Hermann Stopsack, Eberhard Thomas et Michael Wischowski et autres contributeurs).

La « Notice pour la surveillance des prisonniers de guerre soviétiques » jointe à l’ordonnance en tire les conséquences :

« Les personnels de surveillance sont soumis aux règles suivantes :

  1. Répression sans égard en cas du moindre signe de récalcitrance et de désobéissance ! Toute résistance doit être brisée sans ménagement par les armes. Vous devez sur tout prisonnier qui tente de s’enfuir tirer sans sommation dans l’intention de l’atteindre effectivement.
  2. Toute conversation avec les prisonniers même au cours de la marche vers ou au retour du lieu de travail dans la mesure où cela ne concerne pas un ordre propre au service, est rigoureusement interdite.
  3. Même sur le lieu de travail, les gardes allemands doivent exercer en permanence une surveillance rapprochée. Chaque garde devra, par rapport aux prisonniers, se tenir à une distance qui lui permette de faire à tout moment usage de son arme. Ne jamais tourner le dos à un prisonnier !
  4. Le prisonnier, même s’il veut bien travailler et obéir, ne mérite aucune clémence. Il la traduira comme une faiblesse et en tirera ses conséquences.
  5. Malgré toute la sévérité et rudesse à observer l’égard de la stricte exécution des ordres, il n’est pas permis aux soldats allemands de procéder à tout acte arbitraire ou de maltraitance ; il s’interdit, en particulier, d’utiliser des matraques, fouets, etc. car ce serait contraire à la dignité du soldat allemand en tant que porteur d’armes. »

Un nouveau règlement du 24 mars 1942 considère la question différemment, en ce sens que l’accent de l’anéantissement des prisonniers de guerre soviétiques se déplace vers l’exploitation de leurs bras. En effet, l’économie de guerre devenait de plus en plus dépendante de cette exploitation de main-d’œuvre :

« Traitement des prisonniers de guerre soviétiques

Compte tenu de la nécessité de développer l’embauche des prisonniers de guerre soviétiques il convient d’adopter une nouvelle réglementation à l’égard de leur traitement. Désormais, en abrogation des dispositions de référence, le traitement des prisonniers de guerre soviétiques sera soumis au règlement suivant :

A. Traitement des prisonniers de guerre soviétiques en général

Le bolchevisme est l’ennemi juré du national-socialisme de l’Allemagne. Le soldat soviétique est fondamentalement réputé être porteur du bolchevisme. Par conséquent, compte tenu des impératifs politiques ainsi que de la réputation et de la dignité de des forces armées allemandes, il convient à chaque soldat allemand de garder toutes ses distances par rapport au prisonnier de guerre soviétique. Le traitement froid et correct, l’abstention de violences et d’insultes ainsi que la protection contre toute curiosité publique devront permettre d’augmenter la performance au travail des prisonniers de guerre soviétiques.  Il est interdit de leur appliquer des mesures de rétorsion… »

(Suit un dispositif concernant l’alimentation, l’habillement, l’emploi etc. règles qui furent rarement respectées dans la pratique).

Les modalités d’inhumation étaient réglées aussi :

« L’enterrement des prisonniers de guerre soviétiques décédés est soumis aux règles suivantes :

  1. Les inhumations doivent se faire en toute discrétion et simplicité. Tout traitement par la radio, la presse et le cinéma est interdit.
  2. Il n’y a pas de délégation militaire allemande. Il est permis aux camarades du défunt appartenant au même stalag d’assister à l’inhumation. Les civils n’y sont pas admis.
  3. Il n’est pas tiré de salve funèbre.
  4. Pour les prisonniers de guerre soviétiques, les couronnes mortuaires, s’il en est, ne peuvent être munies que d’une boucle blanche ou noire ; aucune couronne n’est déposée du côté allemand.
  5. Les ecclésiastiques ou assistants ecclésiastiques peuvent participer dans la mesure où ils appartiennent au même stalag ; dans le cas des musulmans il convient de faire appel à des ministres de la religion si cela peut se faire sans ostentation particulière.
  6. Les cercueils ne sont pas obligatoires ; toutefois, chaque dépouille doit (sans vêtements, dans la mesure ou ceux-ci sont encore utilisables) être enveloppée entièrement de papier kraft ou d’autre matériau approprié. Dans les fosses communes, les cadavres doivent être allongés les uns à côté des autres à la profondeur locale habituelle et être munis d’une marque d’identification de manière que l’on puisse constater par la suite, à l’aide du fichier contenant toutes les données personnelles, de quels cadavres il s’agit.
  7. Sur les cimetières, le lieu d’ensevelissement doit se trouver à l’écart ou à distance convenable des autres tombes ; sur les cimetières des stalags, l’agencement des tombes des autres prisonniers de guerre ne doit pas être perturbé.

* Ndt : Commissaire politique (source : Wikipedia)

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Das beigefügte „Merkblatt für die Bewachung sowjetischer Kriegsgefangener » führte die Konsequenzen daraus auf:

« … Für die Bewachungsmannschaft gelten folgende Richtlinien :
1.) Rücksichtsloses Durchgreifen bei den geringsten Anzeichen von Widersetzlichkeit und Ungehorsam! Zur Brechung von Widerstand ist von der Waffe schonungslos Gebrauch zu machen. Auf fliehende Kriegsgefangene ist sofort (ohne Anruf) zu schießen mit der festen Absicht zu treffen.
2.) Jede Unterhaltung mit den Kriegsgefangenen – auch auf dem Marsch von und zur Arbeitsstelle – soweit sie sich nicht auf notwendige dienstliche Anweisung bezieht, ist streng verboten….
3.) Auch auf der Arbeitsstelle ist ständige scharfe Aufsicht durch deutsche Bewachungsmannschaften erforderlich. Jeder Wachmann hat sich von den Kriegsgefangenen immer in solcher Entfernung zu halten, daß er jederzeit sofort von seiner Waffe Gebrauch machen kann. Nie einem Kriegsgefangenen den Rücken kehren!
4.) Auch gegen den arbeitswilligen und gehorsamen Kriegsgefangenen ist Weichheit nicht am Platz. Er legt sie als Schwäche aus und zieht daraus seine Folgerungen.
5.) Bei aller Strenge und Härte bei der rücksichtslosen Durchsetzung gegebener Befehle ist deutschen Soldaten jede Willkür oder Mißhandlung, vor allem die Verwendung von Knüppeln, Peitschen usw., verboten. Dies würde der Würde des deutschen Soldaten als Waffenträger widersprechen… ».

Eine neue Regelung vom 24. März 1942 unterschied sich dadurch, daß der Akzent von der Vernichtung der sowjetischen Kriegsgefangenen verlegt wurde auf die Ausbeutung ihrer Arbeitskraft. Auf diese war die Kriegswirtschaft nämlich zunehmend angewiesen:

« Behandlung sowjetischer Kriegsgefangener

Die Notwendigkeit vermehrten Arbeitseinsatzes sowjetischer Kriegsgefangener macht eine neue Regelung ihrer Behandlung erforderlich. Unter Aufhebung der Bezugsverfügungen gilt für die Behandlung von sowjetischen Kriegsgefangenen künftig folgende Regelung :

A. Behandlung der sowjetischen Kriegsgefangenen im allgemeinen

Der Bolschewismus ist der Todfeind des national-sozialistischen Deutschlands. Der sowjetische Soldat hat grundsätzlich als Träger des Bolschewismus zu gelten. Es entspricht daher politischer Notwendigkeit und dem Ansehen und der Würde der deutschen Wehrmacht, daß jeder deutsche Soldat dem sowjetischen Kriegsgefangenen gegenüber weiten Abstand hält.
Mit kühler und korrekter Behandlung, Unterlassung von Gewalttätigkeiten und Beleidigungen und Schutz vor öffentlicher Neugier wird die Arbeitsleistung der sowjetischen Kriegsgefangenen gehoben werden können. Vergeltungsmaßnahmen an ihnen auszuüben ist verboten…. ».

(Es folgen Ausführungen über Verpflegung, Kleidung, Arbeitseinsatz usw. – Bestimmungen, die in der Praxis selten eingehalten wurden).

Geregelt wurden auch die Modalitäten für Beisetzungen:

« Für die Beerdigung verstorbener sowjetischer Kriegsgefangener gilt folgendes:

1.) Die Beisetzungen sind unauffällig und in schlichter Form vorzunehmen. Die Behandlung in Rundfunk, Presse und Film ist verboten.
2.) Eine deutsche militärische Abordnung wird nicht gestellt. Teilnahme von Kameraden des Verstorbenen, die dem gleichen Kriegsgefangenenlager angehören, ist gestattet. Zivilpersonen dürfen nicht teilnehmen.
3.) Trauersalut wird nicht geschossen.
4.) Kränze der sowjetischen Kriegsgefangenen dürfen, wenn überhaupt, nur mit weißer oder schwarzer Schleife versehen sein; von deutscher Seite wird kein Kranz hinterlegt.
5.) Geistliche oder geistliche Helfer dürfen, soweit sie dem Lager selbst angehören, beteiligt werden; bei Mohammedanern sind, wenn ohne besonderen Aufwand möglich, Religionsdiener heranzuziehen.

6.) Särge sind nicht vorgeschrieben; jedoch ist jede Leiche (ohne Bekleidungsstücke, sofern diese noch anderweitig verwendbar sind) mit starkem Papier oder sonst geeigenetem Material vollständig einzuhüllen. In Gemeinschaftsgräbern sind die Leichen nebeneinander in der ortsüblichen Grabestiefe zu betten und wie stets mit einer Erkennungsmarke zu versehen, so daß späterhin an Hand der Kartothek, die alle Personalien enthält, festgestellt werden kann, um welche Leichen es sich handelt.

7.) Auf Friedhöfen soll die Begräbnisstelle abseits oder in gebührendem Abstand von anderen Grabstätten liegen; auf Lagerfriedhöfen darf die Gräberfolge der sonstigen Kriegsgefangenen nicht gestört werden ».

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