Émile Weppe. La « drôle de guerre », les combats, la capture

Le 2 septembre 1939, comme quatre millions sept cent mille autres réservistes, Emile Weppe répond à l’Ordre de mobilisation générale. Son feuillet matriculaire indique : « Rappelé à l’activité, affecté au 227ème RA le 2-9-39. Fait prisonnier à Thuillez-aux-Groseilles, le 24-6-40″. Entre ces deux phrases, ces deux dates, que s’est-il passé ? Son livret militaire précise qu’il était conducteur-canonnier au 5ème  groupe pour la 14ème batterie.

À la mobilisation d’août/septembre 1949, les régiments d’Artillerie Divisionnaire du temps de paix se dédoublent, formant deux régiments de guerre, le RAD qui conserve le numéro du RAD du temps de paix et le RALD qui prend comme le numéro celui de son corps d’origine augmenté de 200.

Le Régiment d’Artillerie Lourde Divisionnaire (R.A.L.D.) récupère les pièces lourdes du RAD du temps de paix en occurrence les deux groupes de 105mm et le groupe de 155mm.  L’organisation est la suivante :

- Un État-major avec un poste de commandement, les transmissions, le renseignement et des éclaireurs motocyclistes.

- Une batterie hors-rang (ravitaillement, approvisionnement, dépannage, sanitaire)

- Trois groupes de tir à trois batteries de quatre pièces, chaque groupe disposant d’un état-major, d’une colonne de ravitaillement et de trois batteries de tir.

Le 227ème régiment d’artillerie lourde divisionnaire (RALD) était un régiment hippomobile de réserve (ou de formation). Il rejoint le 27ème RALD, régiment de l’active, caserné à Douai . Ils sont affectés tous deux à  la 51ème division d’infanterie du 24ème Corps d’armée du général Fougère, dans la 3ème Armée du général Condé, du Groupe d’armées 2 (GA/2) sous l’autorité du général Prételat. La 51ème DI était commandée par le général Gillard remplacé, le 7 janvier 1940, par le général Boell. C’est ce qui correspond à l’organisation de l’armée française du 21 août 1939 au 5 juin 1940.

51ème Division d’Infanterie

Canon obusier Schneider de 155mm modèle  1917 - Musée de Saumur

Canon obusier Schneider de 155mm modèle 1917 - Musée de Saumur

L’excellent site  »Quierzy, résidence royale » présente, entres autres, un remarquable article sur le 287ème régiment d’artillerie lourde divisionnaire, dont l’organisation et l’armement devaient être assez proche de ceux du 227ème RALD. Merci aux auteurs. Voir :  dvole.free.fr/quierzy/28

Canon Schneider de 105mm modèle  1913-18 - devant le Mémorial de Verdun (Cliché Vaujourg Julie)
Canon Schneider de 105mm modèle 1913-18 – devant le Mémorial de Verdun (Cliché Vaujourg Julie)

 

 

La 3ème armée du général Condé est stationnée « à cheval sur la Moselle », sur un axe nord-sud, depuis la frontière avec le Luxembourg et avec l’Allemagne : Sierck-les-Bains,  Thionville, Metz, Pont-à-Mousson, et Toul. Le 1er septembre, l’état major français ordonne l’évacuation des communes situées le long de la ligne Maginot, pour la Moselle, 231 localités concernant 210 000 personnes (voir le très intéressant historique de Joël Forthoffer, « Une entreprise publique dans la guerre la SNCF, 1939-1945 – Troisième partie Les cheminots dans la guerre et l’occupation » .

Après la malheureuse offensive de la Sarre (voir l’excellent exposé de l’association historique de Kalhaussen : http://meyer.famille.free.fr/ahk/index.php?fichier=operation_sarre.html), du 9 septembre au 16 octobre 1939, l’armée française est mise en sommeil. Ne subsistent, le long de la frontière franco-allemande, que les « coups de main » des « corps francs ». Les unités constituées sont « l’arme au pied ». La région est vidée d’une partie de ses habitants, maisons, commerces et fermes abandonnés. La France entre dans « la drôle de guerre ». Semaine après semaine, mois après mois, les hommes sont gagnés par l’ennui, le sentiment d’être inutiles alors qu’ils ont quitté leur travail et leur famille et que celle-ci doit se débrouiller sans eux. Ils consolident des positions défensives, alors que les troupes allemandes écrasent la Pologne. Sans nouvelles claires de leurs chefs  ils attendent tandis que Radio Stuttgart sape leur moral. L’hiver 39-40 est particulièrement rigoureux ainsi qu’en témoigne ce « Journal de guerre » n° 18, du 3 février 1940, du Service Cinématographique de l’Armée française :  http://www.youtube.com/watch?v=YSBKLyjlSmk. À Nancy, il gela chaque jour, du 13 décembre 1939 au 4 février 1940, avec des minima de température à – 21,3° en décembre 1939 et – 20,8° en janvier 1940.

Au printemps, les forces ennemies s’affrontent en Scandinavie et le 10 mai 1940, le monde découvre la « Blitzkrieg ».

Après la percée victorieuse de l’armée allemande dans les Ardennes jusqu’à l’embouchure de la Somme et la retraite des forces belges, britanniques et françaises engagées en Belgique, la France a perdu une partie importante de son armée. L’état major tente de résister à l’avancée allemande et réorganise les unités. Le groupe d’armées 2 ne bouge pas derrière la ligne Maginot. Seul le général Prételat est remplacé le 18 juin 1940. Mais déjà le 17 juin, le maréchal Pétain, devenu Président du Conseil et Chef des armées, s’est adressé aux Français. Deux phrases sont lourdes de conséquence : « C’est le coeur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat. Je me suis adressé cette nuit à l’adversaire pour lui demander s’il est prêt à rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l’honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités. » D’une part les autorités civiles, débordées face au flux des réfugiés, en masse sur les routes de l’exode, abandonnent leurs postes ou refusent la présence des troupes françaises pour éviter des morts et des dégâts dans leurs cités. Paris est déclarée « ville ouverte » le 12 juin, Lyon et Metz le 18, ainsi que d’autres villes, grandes ou petites, dans le pays. D’autre part les chefs d’unités sont confrontés à des choix cornéliens, résister pour retarder les progrès des ennemis devenus incontestablement supérieurs en nombre, mieux armés et mieux approvisionnés, se replier en ordre ou mêlés aux civils et enfin cesser le feu et se rendre. Les poches de résistance, encerclées par les unités allemandes, résistent pourtant jusqu’à l’extrême limite. Ainsi, derrière la ligne Maginot, les forces françaises encerclées livrent leur dernière bataille connue sous le nom des « cinq jours de Toul ».

Le récit de cette bataille est conté :

  • partiellement, dans les trois premières pages du rapport du 14 février 1942 du Médecin commandant Lacombe rentrant de captivité :

  • sur cette page web http://fr.geneawiki.com/index.php/54046_-_Barisey-au-Plain du site de la ville de Barisey-au-Plain (§ 1.2 Barisey pendant la guerre 1939-1945, § 1.3 La bataille du 20 juin 1940 sur la « ligne des deux Barisey », § 1.4 L’ultime combat de la 6ème DIC).
  • dans la « conférence de culture militaire » faite par le général Buisson, à Paris en 1950 (archives Pierre Lamarche) dont sont extraits dans le montage-photo ci-après, les passages concernant le GA/2 et la 3ème Armée.
  • Bibliographie : Pierre Ordioni - Les 5 jours de Toul : 18-22 juin 1940 – Editions du Polygone.
Encerclement des troupes française derrière la ligne Maginot par le Gl Buisson - Extraits (archives Pierre Lamarche)
Encerclement des troupes française derrière la ligne Maginot par le Gl Buisson – Extraits (archives Pierre Lamarche)

Lire la suite : http://www.stalagvia-16032.com/emile-weppe-la-captivite/

 

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