La captivité de Jean Batriaud au stalag VI A de Hemer

Dimanche 16
Ouverture de la pêche. On y pense sans pouvoir la faire. Nuit calme. R.A.S. 7h : avons mangé soupe de blé. Attendons. 11h : soupe + pain et margarine pour le soir. 21h, me couche. Ouverture terminée et remise à une date ultérieure

Lundi 17
21 ème   jour.  Nuit  calme.  Café  à  6  h.  R.A.S.  Brouillard  très  compact.  4 ème   fouille.  569  F  de  pris  +  20  F belges.  Avons  perdu  Morel.  Retrouvé  Paul  Comte.  Douche  et  désinfection  des  habits.  Changement  de maison.  Passons au bloc 7. Une boule de pain pour 10 et 100 grammes de margarine. Couché 9h1/2. Avons perdu Paul Comte.

Mardi 18
Nuit calme et bonne. 6h40 : jus. Temps beau, moral itou. Apprenons la capitulation de la France.
Matricule 16032. A 11h piqure et vaccination. A 14h30, soupe, pain et fromage. A 21h30, couché.

Mercredi 19
Nuit mouvementée. Alertes pour les civils de Hemer. Rien pour les hommes au stalag VI-A. Tirs du FM de garde. Café à 6h. Quiqui a 18 mois ce jour. Midi : soupe très claire. 18h : pain et saucisson, café. 21h couché.

Jeudi 20
Alertes au cours de la nuit. R.A.S. Café à 6h. A 11h 2 ème  piqure. 12h : soupe. Infirmerie pour pied droit. 6h : casse-croûte-repas : pain, confiture. Repos.

Vendredi 21
Nuit fiévreuse. Alerte, tirs de D.C.A. Vais à la visite pour mon pied. A 14h30 : soupe. Vu Frattier du 56. Ai  nouvelles  de  Marcel  Gauthier  (locataire  des  parents).  Casse-croûte  pain  saucisson.  Faim.  21  h  30 couché.

Samedi 22
Nuit calme. Alertes D.C.A. Soupe à 1 h. A 16h pain et fromage blanc. Ce sera tout pour la journée.

Dimanche 23
Nuit calme.  Au  réveil  nous  apprenons  la signature  de  la paix  (anticipée). R.A.S.  Attends  le  jus. Pain  et saucisson pour ce soir. C’est tentant. A 2h30, soupe. Cette après-midi, souffre beaucoup du pied droit : abcès. Attends lundi matin avec grande impatience.

Lundi 24
Nuit  agitée.  Fiévreuse.  Alertes.  Tirs  de  D.C.A.  Bombardement  très  proche.  Changement  de  compagnie avec Michaud, Comte, Boucaud. 12 ème  Cie 3 ème  groupe. Ai retrouvé René et Verroy Léo. A 9h30 opération à la plante du pied droit « abcès ». Très douloureux. 10h30, 3 ème  et dernière piqure de la série. A midi, 1/4, de  soupe.  R.A.S.  A  6h  casse-croûte-souper  pain  saucisson.  La  St  Jean  se  passe  sans  libations,  hélas.
Couché 21h30.

Mardi 25
Réveil 6h. Nuit calme. Alerte. R.AS. Soupe 6h30. 8h30 infirmerie. Epuration bonne. 15h30, premier repas. Soupe bonne. Deuxième « orage » (bombardement) de la journée. 6h pain et confiture. C’est tout. Adieu St Jean. Couché 22h. Tirs de nuit.

Mercredi 26
Réveil 5h15. Jus. Corvée de couloir. R.A.S. Alerte la nuit. 9h corvée : transport de cailloux, 7 à 8 kg sur 150 m.  14h30,  soupe  aux  patates.  15h15  alerte  de  15  mn  environ.  18h  casse-croûte  saucisson.  19h30 alerte. Tirs de nuit. Couché vers 21h.

Jeudi 27
Nuit  calme.  Alerte.  Tirs  de  nuit.  Réveil  6h.    A  16h  inscription  pour  départ.  Soupe  :  12h.  A  15h  photo identité. 17h souper : pain, ersatz de miel. Même heure envoie une carte imprimée en allemand. Arrivera-t-elle ? Couché 21h.

Vendredi 28
Réveil  6h.  Jus.  Au  cours  de  la  nuit,  alerte  et  bombardement.  A  10h  :  soupe.  Arrivée  de  Gelfangener anglais.  15h30  :  habillement  :  chemise,  caleçons  et  chaussettes  russes.  Vareuse,  galoches.  16h15 attendons le casse-croûte. Pain fromage et il n’est que 17h30. Nous avons le temps d’avoir faim d’ici la prochaine soupe. Couché 20h45. Départ proche. 1er  mois.

Samedi 29
Réveil 6h Alerte au cours de la nuit. R.A.S. Jus. Infirmerie à 8h. Soupe très claire à 14h30. Quelques
« munitions ». 16h45, pain et ersatz de miel. Couché 21h30. Un décès.

Dimanche 30
Réveil 6h. Café 6h30. Au cours de la nuit, alerte. A 9h, casse-croûte journalier. Pain, confiture pour le soir. 15h15, soupe. Fais partie du groupe Brilon. Attends la paie de fin de mois. Couché 20h30.

Retrouvez l’intégralité du récit dans l’article « Une page de ma vie : La captivité »

6 Responses to La captivité de Jean Batriaud au stalag VI A de Hemer

  1. Maury :

    En ce moment je copie les lettres de captivité de mon père. Il était à Hemer, Vorhalle et Dahl. Pourrait-on m’expliquer d’où venait l’argent que les prisonniers envoyaient à leur famille? Ils n’en voyaient rien mais signaient simplement sur un bout de papier d’une soixantaine de noms et leurs parents recevaient des mandats de 50, 80 et même 130 marks. Qui payait ? Le gouvernement allemand ou le propriétaire de l’entreprise où ces prisonniers travaillaient ?

    • Louis :

      Bonjour Maury,
      Voici un lien avec un article traitant plus généralement du travail forcé durant la seconde guerre mondiale : http://www.petergaida.de/texte/travai%20force.htm . Pour les prisonniers de guerre français en captivité en Allemagne, l’Agence pour l’emploi locale (de Dortmund puis également à Hemer) définissait les besoins des employeurs allemands qui passaient des contrats avec les stalags (dans notre cas VI A et VI D). L’employeur payait au stalag les salaires des PG qui lui étaient loués. Le stalag déduisait les frais de nourriture (fonction de la pénibilité du travail) et de logement du PG et lui versait une partie de son salaire en « Lagergelden », monnaie de singe uniquement valable dans les stalags, mais indispensable pour cantiner. Le reste était envoyé à la famille du PG dans la limite d’un plafond mensuel variable dans le temps et suivant les stalags. Le solde (éventuel) était versé au crédit du PG (les reliquats furent payés après le rapatriement des PG). Les horaires de travail et jours de repos devaient (en principe) être les mêmes que ceux des ouvriers allemands de l’employeur.
      Cordialement.
      Louis

      • Danielle BEAUSOLEIL :

        Bonjour,
        Je viens de retrouver dans le journal de prisonnier de mon grand-père une liste des denrées selon la pénibilité du travail (en fait deux listes distinctes : travailleurs lourds et travailleurs normaux), accompagnée des rations exactes en grammes prévues pour le pain, la viande etc .
        Votre commentaire m’est très utile car je ne comprenais pas vraiment ce à quoi correspondaient les listes dans le carnet. Mon grand-père a été prisonnier dans le stalag VI B et son numéro de prisonnier était le 14397. Je voudrais me rendre sur les lieux … Avez-vous des conseils à me donner ?

        • Louis :

          Bonjour Danielle,

          Je vous remercie de bien vouloir excuser le retard de ma réponse, votre message ne n’ayant pas été signalé directement, il y a au moins un manque de vigilance de ma part.

          Nous ne nous sommes pas intéressés vraiment au Stalag VI B, ce que nous avons recueilli est dans notre article « Wehrkreis VI de Münster et ses stalags ».

          Vous donner des conseils pour vous « rendre sur les lieux » n’est pas simple. Quels lieux ? Ce Stalag VI B situé à Versen avait des « sous-camps » VI B/Z à Wezuwe, Fullen et Oberlangen; Le 13 mai 1942, le Stalag VI-B et ses sous-camps passèrent tous sous le contrôle administratif du Stalag VI-C à Bathorn et furent rebaptisés Stalag VI-C/Z jusqu’en mars 1945.
          Le site https://en.wikipedia.org/wiki/Stalag_VI-B nous apprend qu’après un incendie du camp de Versen en 1972,, une grande partie a été reconstruite et fonctionne désormais comme prison sous le nom de Justizvollzugsanstalt Meppen («Établissement correctionnel de Meppen»).
          Cet établissement a un site : https://justizvollzugsanstalt-meppen.niedersachsen.de/startseite/ .
          Il n’y a donc plus beaucoup de points communs avec le Stalag VI B.

          Mais peu de prisonniers de guerre ont vécu et travaillé dans les stalags. Aussitôt enregistrés dans ces camps d’accueil et de gestion, ils étaient affectés dans un commando dépendant du stalag. Ceux-ci étaient nombreux et situés dans la même zone géographique. Vous devriez retrouver des renseignements dans le journal de prisonnier de votre grand-père ou dans sa correspondance ainsi que dans les documents archivés à la DAVCC à Caen.
          Dans la Ruhr, ces commandos étaient souvent affectés sur des sites industriels ou des mines de charbon qu’il est possible, encore aujourd’hui pour certains, de visiter.

          Bonne recherche.
          Cordialement.
          Louis Weppe

  2. HOUSSIN Claudine :

    Mon père, DOUCIN Henri, a été prisonnier au Stalag VI A à Hemer – matricule VI A 21 287. Où pouvons nous avoir des précisions quant à sa captivité et son parcours en Allemagne. Il a été libéré le 8 avril 1945 mais on ne sait pas où il était à ce moment là.

    Merci

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